It's good to be a livre…


« Pyongyang parano : Deux journalistes infiltrés en Corée du Nord » d’Antoine Dreyfus, Emmanuelle Delacomptée et Fanny Briant

Le journaliste Antoine Dreyfus, l’écrivaine Emmanuelle Delacomptée (au scénario ici) et Fanny Briant (au dessin) nous relatent cette infiltration quasi-tragi-comique en Corée du Nord.

Après une faute professionnelle lui ayant coûté l’interview du siècle, Alex veut se racheter auprès du directeur de rédaction de « Véridique, premiers sur le scoop ». Son idée de génie ? Partir pour l’endroit le plus inaccessible du monde pour interviewer l’homme le plus inaccessible du monde. Le voici parti pour la Corée du Nord aux côtés de sa collègue Marise, tête brûlée ayant couvert quelques-uns des plus terribles conflits de notre sanglant XXIe siècle. Pour leur couverture ? Ils vont se fondre dans la peau de négociants en chocolats. Nous les suivons ainsi dans ce qui semble être la semaine la plus longue de leur vie, tant ils sont aux aguets, effrayés à chaque instant d’être découverts (surtout Alex), tant les interdits sont légion et les faux-pas impensables.

Je n’avais pas lu de livre sur la Corée du Nord depuis l’excellent « L’étoile du Nord » de D. B. John, qui m’avait profondément marqué. Dans un autre genre, cette bande-dessinée m’a offert une immersion effroyablement réaliste dans ce pays gouverné par « Le Commandant Suprême ». J’ai tourné les pages de cette BD à vive allure, impatiente de savoir comment les deux journalistes allaient réussir à atteindre leur but sans griller leur couverture, un peu angoissée, aussi, à l’idée qu’il puisse leur arriver quelque chose de grave. Malgré le récit de ce séjour loin de celui d’un Club Med, on rit à la lecture nombreux passages mettant en scène ce drôle de duo, pas forcément au point dans l’exercice de l’infiltration (surtout Alex) – de véritables soupapes de décompression. J’ai également beaucoup apprécié les dessins de Fanny Briant, qui a réussi à matérialiser ce monde gris, si mystérieux aux yeux du monde, tout autant que nos deux personnages hauts en couleur.

J’aurais, je crois, aimé que cette histoire connaisse une autre issue, que cette infiltration ait permis à nos protagonistes d’atteindre leur but. Mais aussi bien qu’on ne peut refaire l’Histoire, on peut encore moins refaire celles des gens, alors soit, et bravo à ces deux journalistes qui ont fait montre d’un tel courage.



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