#1 Prix du Meilleur Roman Points : « Roissy » de Tiffany Tavernier

J’ai la chance de faire partie cette année du Jury du Prix du Meilleur Roman des Éditions Points ! L’idée ? 30 lecteurs reçoivent chacun l’ensemble des titres sélectionnés parmi des ouvrages parus entre août 2019 et avril 2020 et partagent ensuite leur avis.

En guise de première lecture, j’ai reçu Roissy de Tiffany Tavernier,  paru en grand format chez Sabine Wespieser lors de la Rentrée Littéraire 2018 et en poche aux Éditions Points, le 22 août dernier.

Une passagère, voilà ce que j’étais. Une voyageuse anonyme comme les quatre-vingt-dix millions d’autres qui, tous les ans, arrivent, transitent ici.

Tombée par hasard sur une coupure de journal relatant l’histoire vraie d’une jeune femme SDF qui se faisait passer pour une voyageuse dans l’aéroport d’Heathrow, Tiffany Tavernier a tout de suite eu l’intuition qu’elle tenait-là le sujet d’un roman. Pour le nourrir au mieux et le rendre le plus réel possible, elle a récolté des témoignages de personnes sans domicile fixe, de membres du personnel de l’aéroport de Roissy. Puis, y a ajouté une bonne dose de fiction… Et ainsi, son roman est né. 

Marcher. Toujours marcher. Quarante-huit heures sur place ont suffi pour que j’intègre l’information. Marcher, oui. Sans cesse. Seul moyen de ne pas se faire repérer par l’un des mille sept cents policiers affectés à la sécurité ou par l’une des sept cents caméras qui, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, filment les allées et venues de tous.

Elle fait partie de ces « indécelables », ces SDF qui élisent domicile dans les aéroports, et qui, pour donner le change, se font passer pour des voyageurs en parcourant les terminaux une valise à la main, en étant habillé proprement, ou en regardant avec attention le tableau des départs. Comme elle, il y a Vlad ou encore Joséphine et ses deux « fils », Josias et Liam. Des SDF qui, eux, savent qui elle est, et qui, eux, ne font pas semblant d’être autrement que ce qu’ils sont. Chaque jour, elle assiste ainsi à l’incessant ballet des voyageurs qui partent, reviennent, se font accompagner. Qui, eux, savent où ils vont et savent qui ils sont.

Car, notre héroïne a eu un accident qui lui a coûté la mémoire. Elle n’aucun souvenir de sa vie d’avant, si ce n’est quelques flashs qui lui font entrevoir le quotidien d’une autre, avec un homme et deux petites filles qui, bien que différentes, portent le même prénom. Elle erre, ainsi, indéfiniment, survivant de petits larcins, de restes trouvés dans les poubelles ou de nourriture offerte par le personnel de l’aéroport. Jusqu’à ce qu’elle croise la route d’un homme dont la fiancée a péri dans le crash du vol Rio-Paris, et qui va la bouleverser. 

Tout est si confus en moi. Pour rien au monde, je ne voudrais provoquer un désastre. Le mien suffit.

Mon avis est, je le crains, assez mitigé…

Je n’ai malheureusement pas réussi à embarquer à bord de l’histoire de cette jeune femme. J’avais du mal à avoir de l’empathie pour elle, à croire en son histoire.

Certains passages m’ont paru peu crédibles, j’étais par exemple toujours étonnée par cette facilité avec laquelle les autres voyageurs l’abordaient et s’ouvraient à elle, de l’attitude du personnel de l’aéroport à son égard, qui refusait de voir son imposture. Les parties comprenant des extraits du journal de Liam sont restées totalement obscures pour moi, je ne comprenais pas leur utilité dans le récit. D’autres ne m’ont pas semblé assez abouties, et je pense en particulier à la fin avec le lever du voile sur ce qui a fait tout basculer, traité selon moi, à la va-vite.

J’avais tout de même envie de savoir ce qui lui était réellement arrivé, comprendre qui étaient ces personnes qui peuplaient ces flashs, j’ai donc poursuivi ma lecture avec entrain.

Hâte en tout cas de découvrir le prochain roman en sélection !