« Chambre simple » de Jérôme Lambert chez L’Iconoclaste

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Comme son titre le laissait présager, « Chambre simple » est un huis clos dont « l’action » se déploie dans l’enceinte d’un hôpital, et le plus souvent, dans la chambre d’un personnage que l’on connaîtra sous le nom du « Patient. »

Les voix des patients, mais aussi, de professionnels, résonnent dans ce roman choral : il y a d’abord celle de Roman, amoureux transi du « Patient » qui raconte ses visites tout en se remémorant avec beaucoup de tendresse leurs moments de bonheur absolu ; celle du « Patient » lui-même qui décrit son morne quotidien d »Allongé », avec distance et résignation, comme s’il n’attendait plus rien de la vie ; celle d’Ellia, infirmière dévouée qui, même après des années d’exercice, n’arrive pas à faire la part de choses, à ne pas penser à ses patients après son travail ; de Maxime, infirmier lui aussi, qui arrive de moins en moins à tenir le choc ; et enfin, de Marco, un autre patient qui ne compte plus ses séjours à l’hôpital.

Très sensible à cette littérature qui nous plonge dans l’univers d’un hôpital ou d’une clinique – j’avais eu de vrais coups de cœur pour « Alors, voilà : les 1001 vies des urgences » de Baptiste Beaulieu et pour « Chambre 2 » de Julie Bonnie – j’ai eu tout de suite envie de lire ce livre.

« Chambre simple » est un petit roman plein d’humanité, d’une puissance et d’une sensibilité indéniables. La plume de l’auteur parvient, avec justesse, à « mettre des mots sur les maux » – selon la formule consacrée – des patients, mais aussi, de ceux qui sont « de l’autre côté » et qui souffrent, eux aussi.

Certains personnages m’ont étrangement laissé de marbre – j’avais assez peu d’empathie pour le Patient, par exemple -, d’autres m’ont bouleversée, comme Roman qui souffre d’un mal beaucoup plus douloureux que le Patient : celui de la perte de l’amour.

Je remercie les éditions Iconoclaste et Babelio pour cette belle découverte !