« L’herbier de Proust » : quelle beauté !

À l’image du « Musée imaginaire » de Malraux, la journaliste Dane McDowell et l’illustratrice Djohr ont créé un superbe « Herbier imaginaire » avec l’ensemble des plantes et des fleurs mentionnées dans l’oeuvre de Marcel Proust. Éveillé à l’amour des plantes par l’Abbé Joseph Marquis, curé d’Illiers-Combray, l’auteur était un véritable connaisseur et a émaillé sa Recherche de près de 600 espèces…

herbier

L’ouvrage est divisé en chapitres avec « Les fleurs de l’innocence » – on y sentira notamment des effluves de boule-de-neige, d’aubépine, de myosotis ou encore de cinéraire -, « Les fleurs de salon » – avec la fleur de marronnier, le cyclamen, le pois de senteur, l’ancolie ou encore la digitale – et « Les fleurs du mal » – avec le seringa, le datura ou le caféier.

On se balade avec délice à travers ce jardin poétique et sensoriel, fleuri de citations extraites de « La Recherche » ou de « Jean Santeuil », on butine des informations sur la symbolique de telle ou telle plante – saviez-vous le nymphéa était le symbole féminin de la chasteté et de la grâce ? Que la giroflée était l’emblème de la fidélité dans l’adversité ? Que la jacinthe tenait son nom d’un adolescent tué accidentellement par Apollon ? -, on découvre les fleurs que l’auteur aimait, celles qu’il affectionnait le moins, celles qu’il trouvait trop mondaines.

Les illustrations sont charmantes comme tout, parfois humouristiques montrant tantôt un Freud ou un Oscar Wilde dans le bouton d’une fleur, tantôt une moustache sous une racine… Quel ravissement !